Manuel H.

La coupe de bois

Cassola, Carlo

Sillage

9,50
par (Libraire)
7 avril 2020

À hauteur d'hommes.

Initialement publié dans les années 50, traduit en français par Philippe Jaccottet et réédité en 2017 par les éditions Sillage, ce bref roman, de Carlo Cassola est un très beau texte tout en retenue, pudeur et sobriété, une histoire de bûcherons et de montagnards italiens, une histoire de taiseux.
Le temps d'un hiver, quatre hommes s'isolent en montagne pour effectuer une coupe de bois. Menés par Guglielmo, récemment endeuillé par la mort de sa femme, ils construisent leur propre refuge, vivent de peu, abattent des arbres, affrontent calmement les éléments et les intempéries, partagent la joie de soirées contées. C'est un temps d'isolement, d'abnégation et d'efforts portés par l'espoir d'une bonne coupe. C'est un temps de suspens dans une vie qui continue, les sentiments affleurent avec la perspective d'un retour au village pour les uns et pour Guglielmo, le temps du deuil et de la résignation face à son amour perdu à jamais.

Là où chantent les écrevisses
par (Libraire)
7 avril 2020

Un bel enchantement

Delia Owens touche et enchante joliment avec Kya, son héroïne, abandonnée si jeune par tous les siens, vivant isolée au fond de marais de la côte est américaine, avec la nature pour seul refuge. Rejetée par beaucoup, désirée par quelques-uns, aidée par bien peu et désormais jeune adulte, Kya est pourtant soupçonnée de meurtre... Rythmé et entrainant, ce grand souffle romanesque est un beau chant à la nature, à la beauté, à la liberté, à la connaissance et à la féminité.

La mémoire tyrannique
22,00
par (Libraire)
7 avril 2020

Un confinement dictatorial

Ce roman est une formidable porte d'entrée dans l'oeuvre si forte et si originale de Horacio Castellanos Moya, romancier salvadorien né au Honduras qui scrute à merveille et sans concession, au risque de sa vie aussi, les soubresauts politiques et sociaux de l'Amérique centrale à travers ses fictions puissantes et acides.
Se basant sur les faits historiques d'une tentative de renversement d'un pouvoir tyrannique et délirant au Salvador en 1944 et de la répression qui s'ensuit, il met en scène à travers ses personnages l'émergence d'une conscience politique au sein de la société, jusque dans les familles les plus liées au pouvoir.
Jouant des registres littéraires variés et modulant les rythmes narratifs, il alterne les moments tragiques et drôles, crée des télescopages aussi cocasses qu'inattendus où l'engagement héroïques risque de basculer à tout instant dans la farce tragique, où la comédie du pouvoir prend des allures ubuesques et où de riches bourgeoises préparent des manifestations interdites la tasse de thé au bout de doigts. Étonnant et réjouissant.

Le silence après nous
par (Libraire)
7 avril 2020

Sortie de route

Le Havre, années 2000. Une sortie de route, une fratrie de trois adolescents meurtrie, des vies tragiquement bouleversées. Gabriel, Mona, Antonin : le destin de chacun raconté pour comprendre et dépasser la perte et la douleur. La mémoire, la narration, la recherche de vérité pour résilience. Touchant.

Eugénie
par (Libraire)
7 avril 2020

Le plus crétin de deux...

À la suite de son essai « Histoire des crétins des Alpes » paru en 2018, Antoine de Baecque raconte entre récit et fiction l'histoire d'Eugénie, atteinte de crétinisme, enlevée de son village natal des Alpes pour être conduite à l'hôpital de la Salpétrière à Paris où elle devient en ce début de 19e siècle le jouet d'ambitieux médecins aux tentatives thérapeutiques qui interrogent avant de devenir un objet de curiosité d'une déjà société du spectacle avide d'exhibitions monstrueuses. L'auteur dresse le portrait des protagonistes, approche leurs émotions, soulève leurs ambitions, révèle leurs ambiguïtés, glissant leur lecteur au cœur de cette époque et de ses pratiques troubles et terribles, aux conséquences tragiques.